Dessin façade Notre-Dame de Paris (2018)
Bande dessinée d'entraînement, Dessins sur références

Quel niveau de détails en bande dessinée ? | Exemple : la façade de Notre-Dame

14 août 2018

Retour sur la bande dessinée d’entraînement commencée il y a quelques mois. Un très bon exercice qui s’annonce particulièrement complet.

Outre certaines techniques de dessin, je découvre l’organisation du travail nécessaire à la bande dessinée, et certains problèmes logistiques commencent à se poser. Par exemple : faut-il encrer à la table lumineuse ou directement sur le crayonné ? La table lumineuse permet de conserver le crayonné intact et de recommencer l’encrage si on le rate. Mais toute lumineuse soit-elle, elle ne permet pas de bien voir tous les détails tracés au crayon, et l’on se retrouve souvent à soulever la feuille d’encrage pour voir ce qu’on a crayonné en dessous. Encrer directement sur le crayonné offre une bien meilleure visibilité, mais c’est sans filet. Quand on maîtrise l’encrage ça n’est pas un problème, mais c’en est un pour le débutant.

Le problème se pose d’autant plus lorsque la planche comporte une ou plusieurs cases assez complexes, dont il serait très fastidieux de refaire le crayonné en cas d’encrage raté. Et l’exemple d’aujourd’hui est particulièrement complexe, puisque je me suis attaqué à la façade de la cathédrale Notre-Dame de Paris…

J’y suis allé en trois étapes.

D’abord, dessiner les répères

Parce que je n’avais jamais fait quelque chose d’aussi ambitieux, j’ai pris beaucoup de précautions et j’ai tracé les repères sur une feuille à part. Je l’ai fait à la même échelle que le dessin final pour pouvoir tout simplement reporter les mesures, millimètre pour millimètre.

J’ai donc trouvé une photo haute résolution de la façade selon l’angle que je voulais (ou à peu près). Le reste a été une fastidieuse répétition de règles de trois pour obtenir les mesures sur la feuille. Le résultat est bien sûr schématique, il s’agissait juste de poser le cadre :

Croquis de la façade de Notre-Dame de Paris : les repères

J’ai donc tracé le cadre aux mesures réelles de la case finale. Puis j’ai choisi la hauteur de la ligne d’horizon (HL) en fonction de la composition de la case que j’avais imaginée lors de l’étape du story-board. J’ai placé les personnages et la bulle pour être sûr d’avoir la place. J’ai rapidement mesuré le rapport hauteur/largeur total de la cathédrale et je l’ai placée au bon endroit. Puis j’ai posé les divisions principales de la façade.

Passage au croquis et premiers détails

Une fois le schéma terminé, il a fallu attaquer la case proprement dite sur la planche. Après le report du cadre, une première couche plus détaillée, qui pose les éléments principaux :

Croquis de la façade de Notre-Dame de Paris : premiers détails

Puis un nouveau niveau de détails sur l’étage de la rosace :

Croquis de la façade de Notre-Dame de Paris : nouveaux détails

Ajout de volume et contraste

Dernière étape du crayonné : finir les détails, ajouter du contraste entre les zones les plus foncées et les zones les plus claires, et essayer de mettre en valeur les volumes avec un peu d’ombre.

Je laisse les ombres portées pour l’encrage, car je pressens qu’elles vont rendre le crayonné illisible à la table lumineuse. Mais afin de donner du volume et de rendre le crayonné plus lisible, je noircis les zones les plus foncées et je joue sur l’épaisseur des traits de contour pour indiquer de quel côté vient la lumière (par la droite et par le haut).

Dessin de la façade de Notre-Dame de Paris : volume et contrastes

Deux problèmes à régler : l’encrage et le niveau de détails

Une fois terminé, j’ai placé ce crayonné sur la table lumineuse pour l’encrage. Problème immédiat : les détails ne sont pas assez visibles, dans les zones complexes on obtient une sorte de bouillie dans laquelle il faut deviner les formes. Il faudra donc encrer directement sur le crayonné… Mais comme celui-ci m’a pris une vingtaine d’heures, on me pardonnera une certaine appréhension. Autre chose : j’ai fait le crayonné sur un papier fin, justement pour pouvoir bien voir à la table lumineuse. Ce papier n’est pas prévu pour recevoir l’encre de manière optimale.

Autre problème : le niveau de détails est trop élevé par rapport à ce qu’on verra au final sur la case. La planche est dessinée en A3, mais au final quand une BD est imprimée, elle l’est au format A4, ce qui veut dire que la taille de la case sera réduite de moitié. En outre, le niveau de détails est également supérieur à celui de la première case. Celle-ci était certes assez mauvaise, mais c’est en tout cas un enjeu à noter pour l’avenir : maintenir un niveau de détails cohérent de case en case et de planche en planche.

Enfin, il est évident que passer quatre jours sur une case (même pas encrée) pose un problème logistique : à raison de 8 cases par planche en moyenne pour 46 planches, on obtient 8x46x4=1472 jours pour réaliser une bande dessinée… Évidemment, a) toutes les cases ne sont pas aussi complexes et b) je suis lent parce que débutant. Mais c’est encore une donnée à prendre en compte : il faut limiter le niveau de détails aussi pour rentrer dans des délais raisonnables de réalisation du travail.

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