Encrage des planches 4 et 5 de la BD d'entraînement (UNE)
Bande dessinée d'entraînement

Encrage des planches 4 et 5 de la BD d’entraînement

23 avril 2020

L’encrage des planches 4 et 5 est terminé. J’ai commis beaucoup d’erreurs mais aussi progressé sur la maîtrise de la plume. Revue en détail. 

Encrage de la planche 4

La planche encrée :

BD d'entraînement : encrage de la planche 4

Cette planche comporte beaucoup de cases et une certaine variété dans les sujets à traîter. Trois cases représentent la cathédrale Notre-Dame de Paris sous différents angles, et les autres sont des scènes de dialogue ou de bagarre entre lycéens.

Le dessin des personnages

D’abord, les scènes avec des personnages. Les deux premières cases m’ont posé beaucoup de problème. La prise en main de la plume fut en effet difficile, comme toujours. Les visages s’en ressentent, ainsi que les ombres et plis de très bas niveau.

Mais à partir de la case 3, ça commence à venir. Les traits deviennent plus fluides, moins hésitants, plus francs. Toujours pas d’ombre à l’horizon néanmoins, et c’est l’un de mes péchés, à corriger prochainement.

Lignes de mouvement : c’est mieux !

On note l’utilisation de lignes de mouvement sur plusieurs cases. Et on note surtout que le résultat se révèle nettement meilleur que lors du premier essai ! Un grand merci au tutoriel d’Odunze Whyte Oguguo, que vous pourrez retrouver dans la section Ressources.

Gestion des textures

Ensuite, on remarquera deux essais de texture « pierre », sur la case 7 et sur la dernière.

Sur la case 7, il fallait que je mette quelque chose au sol pour que les personnages n’aient pas l’air de flotter en apesanteur. Et je ne voulais pas recouvrir le tout de lignes de mouvement, car la scène est finalement assez statique à ce moment-là et ça aurait surchargé la planche. J’ai donc ajouté l’angle d’un petit muret en pierre en haut pour donner un repère de direction (texture bof).

Mais j’ai aussi tracé quelques lignes au sol correspondant au pavage du parvis de Notre-Dame. Dans la réalité, il s’agit de pierres à peu près de cette taille-là, on n’est donc pas très loin de la vérité. Le dilemme était de tracer ce marquage du sol mais sans qu’on le voit trop, pour ne pas faire un quadrillage grossier. J’ai donc opté pour quelques angles et quelques lignes seulement, et le résultat n’est pas trop mal. Cependant j’aurais dû abîmer un peu plus les pierres et peut-être creuser davantage les jointures. Car en l’état, on pourrait croire que les personnages marchent sur du carrelage…

Sur la dernière case, même dilemme : il fallait rendre le quadrillage des pierres qui composent la façade de la cathédrale, mais sans exagérer. Le résultat est mauvais autour des portails (en bas). C’est même carrément n’importe quoi. Mais ça s’améliore en remontant car j’ai commencé à trouver des traits plus naturels en les faisant partir puis s’évanouir, un peu à la manière des lignes de mouvement. Il y aura d’autres occasions de travailler cette texture dans la BD !

Équilibre crayonné / encrage

Sur le crayonné des planches 4 et 5, j’avais laissé quelques détails à fignoler à l’encrage. Notamment sur les cases représentant la cathédrale – oui, parce que niveau quantité de détails, elle se pose là…

Sur la planche 4, ce petit laisser-aller n’a pas posé de problème, et j’ai pu finir la dernière case directement à l’encre. En revanche, la légèreté du crayonné fut nettement plus problématique sur la planche 5…

Encrage de la planche 5

La planche 5 encrée :

BD d'entraînement : encrage de la planche 5

Les personnages

Il y a quelque chose de mieux : les contours. J’ai fait tout l’encrage à la plume, exceptés les contours de leur silhouette, que je trouvais trop fins et que j’ai donc retracés avec un stylo épais (0.8).

Sauf à un endroit : l’ensemble pommette-joue-menton du deuxième personnage. C’est en effet le seul endroit où je n’ai pas eu besoin de le faire, car j’avais bien utilisé le délié de la plume. Celui-ci permet, en appuyant plus ou moins fort, de grossir ou amincir le trait de manière plus naturelle, plus organique. L’effet est très bon, mais je ne le maîtrise qu’en de très rares occasions. Ici, c’est bien, l’information donnée au lecteur est la bonne, à savoir que sa pommette est plus éclairée que son menton, ce qui correspond effectivement à la position de la lumière sur cette case. 

Pour le reste, pas grand-chose à signaler, à part l’horrible texture « pull » du personnage féminin. La texture est bien sûr complètement ratée, ce qui n’a rien d’étonnant car je n’avais aucune idée de ce que je faisais ! Partir à l’aventure au crayon, aucun problème, c’est même la raison d’être du crayon. Mais explorer des contrées inconnues directement à l’encre sur une planche de BD est une idée beaucoup moins pertinente…

La façade de Notre-Dame

Et une façade de Notre-Dame de plus, une… Je ne cache pas mon soulagement que ce soit la dernière ! Entre les crayonnés et les encrages, les plans larges et les détails, j’ai l’impression de l’avoir dessinée dix fois depuis le début de cette BD. 

Cette case avait bien entendu une particularité : la cathédrale est en train de s’écrouler, il fallait donc dessiner ses éléments déséquilibrés, ébréchés, fissurés, cassés, en chute libre, etc. Et comme pour la dernière case de la planche 4, je m’étais contenté d’un crayonné léger, n’indiquant que l’essentiel. 

Eh bien le crayonné était trop léger. La partie supérieure s’est pas mal déroulée car le crayonné y était détaillé, mais arrivé à l’étage de la rosace, j’ai coincé :

Façade de Notre-Dame de Paris (effondrement) (encrage partiel)

J’avais d’ailleurs déjà fait beaucoup d’erreurs. Par exemple en traçant des traits trop longs qui contredisaient les rapports entre les plans (ce qui se trouve sur un second plan ne peut pas recouvrir ce qui se trouve au premier plan). Et, sanction du destin, j’ai même fait tomber une magnifique goutte d’encre entre les deux tours 🙂

Il m’a été impossible de continuer vers les étages inférieurs car je n’ai pas encore le niveau nécessaire pour gérer un encrage direct à la fois des détails de la façade et de leur transformation sous l’effet de l’effondrement. Du coup, j’ai crayonné les parties manquantes avant de continuer. Puis j’ai terminé l’encrage de manière beaucoup plus décrontractée, en repassant simplement sur le crayonné. 

La case finale : 

Bande dessinée : la façade de Notre-Dame de Paris en train de s'effondrer (encrage)

C’est très imparfait quand on y regarde en détail. Néanmoins, en format case de BD, ça fait le boulot, en tout cas c’est ce que je peux faire de mieux avec mon niveau actuel !

L’encrage à la plume et le grain du papier

Dernier point, concernant cette fois le matériel utilisé. 

Mis à part les lignes de mouvement que j’ai tracées à la règle et au stylo 0.2, l’encrage de ces deux planches a été réalisé à la plume. En l’occurrence essentiellement la Nikko G. J’ai vite fait testé une plume plus large (la saji), mais la sensation ne m’a pas du tout plu et j’ai donc fait un retour express à la G. 

Et j’ai enfin compris – enfin je pense – pourquoi je suis obligé de nettoyer ma plume toutes les 3 minutes pour enlever les fibres de papier prises dedans. Et quand je dis nettoyer, je veux dire tremper la plume dans un verre d’eau puis enlever tout l’encre et les fibres avec un sopalin, donc manip’ un peu pénible si répétée.

Je crois que le problème vient du grain trop épais du papier que j’utilise. Les deux dernières planches ont été faites sur du papier Canson 180 g/m² de qualité « C à grain ».  Sa rigidité est agréable, mais je ne m’étais jamais vraiment posé la question de son caractère rugueux. Or cette question se pose : ce n’est peut-être pas le plus adapté à la plume…

À essayer donc : l’encrage des prochaines planches sur du papier lisse !

 

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